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(Miniature) TQCE U18 : Le débrief des coachs
Photo : CEV
01/04/2026
TQCE U18 : Le débrief des coachs
Les équipes de France U18 féminine et masculine se sont qualifiées le week-end dernier pour leurs championnats d’Europe respectifs, en Lettonie et Lituanie pour les filles (1er-12 juillet), en Italie pour les garçons (7-18 juillet). L’occasion d’échanger avec les deux entraîneurs, Etienne Bideaud et Paul Cooper.
Dans quel état d’esprit avez-vous abordé vos TQCE respectifs la semaine dernière (à Podgorica, Monténégro, pour les féminines, Rustavi, Géorgie, pour les masculins) ?

Etienne Bideaud :
Nous sommes arrivés le lundi, après avoir fait trois matchs amicaux en Bulgarie juste avant, ce qui nous a permis de nous habituer au décalage horaire, à la salle, à l’hôtel, de prendre nos repères un peu avant les autres équipes. On a vraiment senti que les filles étaient là pour chercher un résultat et la qualification au Championnat d’Europe. D’entrée, il y a eu une bonne dynamique de travail, et même en dehors des entraînements, on sentait que les filles n’étaient pas là en vacances.

Paul Cooper : Nous avons abordé cette compétition très sérieusement, car au WEVZA en janvier, on avait terminé troisièmes, donc on savait que c'était notre deuxième et dernière chance de se qualifier. On a fait des matchs de préparation contre la Belgique, on a ensuite été invités par les Allemands, deux bonnes équipes qui nous ont permis de tout de suite se mettre au niveau européen. Et une fois arrivés sur place, on était vraiment en mission de battre tout le monde, de prendre tous les sets. On a eu pas mal de blessures avant le stage, ça a continué pendant avec deux autres blessés, on a aussi eu une épidémie de gastro qui nous a un peu pénalisés, mais au final, le jour de la compétition, on a su trouver les ressources pour performer.

Comment se sont passés les matchs ?

Etienne Bideaud : On savait que le premier serait le le plus compliqué en termes de niveau contre l’Allemagne, qu’on avait déjà jouée sur le WEVZA en janvier. On avait gagné 3-1, on les avait aussi affrontées trois fois en préparation du WEVZA, donc c’était la cinquième rencontre contre cette équipe. On connaissait ses arguments et surtout son niveau physique et offensif qui pouvait nous faire beaucoup de mal. On avait bien préparé ce match, mais le premier set a été un peu catastrophique, il y avait sans doute un peu de crispation, les filles n’ont pas beaucoup l’expérience de ce genre de matchs couperets. Maintenant, elles ont tout de suite eu une réaction, rien que sur leurs visages, on voyait qu’elles n’étaient plus dans le même état d’esprit, et même si les sets ont été accrochés, on a senti beaucoup plus de sérénité dans leur volley-ball et elles ont très bien joué (3-1). Les deux autres matchs étaient un peu plus faciles sur le papier en termes de niveau de volley, mais on savait que ce serait de plus en plus dur parce que, justement, on n’a pas l’habitude, dans le secteur féminin, d’avoir le statut de favoris. Ça s’est confirmé face à l’Autriche, on ne fait pas un grand match de volley-ball, mais on arrive à gagner 3-0 contre une équipe qui a mis un gros niveau d’opposition et de pression. Et pour finir, on bat la Géorgie devant son public (3-0), c’était plus facile de jouer ce match parce qu’on savait qu’on était très proches de la qualification. Les filles l’ont très bien abordé et mené du début à la fin.

Paul Cooper : Le premier match contre la Croatie (victoire 3-1) était assez intéressant, avec un peu d'appréhension de part et d'autre. On savait que cette équipe jouait bien au volley, ils nous ont bien tenus, se sont montrés très accrocheurs et agressifs, mais à partir du troisième set, on a déroulé notre jeu et ça allait beaucoup mieux. Par contre, Israël et Monténégro n'ont pas vraiment joué contre nous, je pense qu'ils n'y ont pas cru. Du coup, ces deux matchs se sont avérés à sens unique, on les a dominés du début à la fin, on n’a jamais été en panique ou mis en difficulté. Vu ce qu’on avait vu d’eux avant et les plans de jeu qu'on avait préparés, on ne s'attendait pas à ce que le niveau en face soit aussi faible. Tant mieux, puisque ça nous a permis de gagner facilement en trois sets à chaque fois et de valider la qualification sans vraiment trembler.

La mission est accomplie avec cette qualification, que peut-on attendre de vos équipes aux Championnats d’Europe ?

Etienne Bideaud :
Je sens que les filles ont de l’ambition. Il y a à peu près la moitié du groupe qui était déjà au Championnat d’Europe U16 l’année dernière et qui avait raté la qualification au Championnat du monde à un set près, donc dès le début de la saison, on a senti que les filles étaient revanchardes par rapport à ça. Elles ont vraiment à cœur de faire quelque chose avec cette génération. On verra ce que ce sera, mais déjà, le premier objectif sera d’aller chercher une qualification pour le championnat du monde (2027), donc finir dans les cinq premiers. Ce qui est déjà un objectif assez élevé, je crois que ça n’a jamais été fait en équipe de France jeune féminine, ce serait marquer un peu l’histoire de la filière et du secteur féminin. Après, si on peut aller chercher une médaille, c’est sûr que ce sera un deuxième objectif.

Paul Cooper : On veut nous aussi d’abord se qualifier pour le Championnat du monde. Maintenant, quand on est français et qu'on va sur une compétition internationale, c’est pour ramener une médaille. Donc ce sera l'objectif. On parle souvent de permanence de la performance, ça passe par un podium, ça fait vraiment sens pour nous. On sait que c’est envisageable si on travaille et si on s'en donne les moyens, on va se préparer pour ça. Ensuite, quand tu arrives au stade des demi-finales, tu ne peux jamais savoir comment comment ça va se passer, il y a deux ans, les U18 avaient décroché le titre, c’est un objectif qu’on a aussi envie de viser.