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(Miniature) Deaflympics: Les Bleus rêvent d'une médaille
Photo : DR
14/11/2025
Deaflympics: Les Bleus rêvent d'une médaille
Au pied du podium lors de l'édition précédente, l'équipe de France rêve de franchir un cap et de décrocher une médaille aux Deaflympics, les Jeux Olympiques des sourds. Avant le début de la compétition, dimanche à Tokyo, on fait le point avec l'entraîneur principal des Bleus, Frédéric Bigler.
Comment s’est passée la préparation pour les Deaflympics ?
On a eu trois stages qui ont été concentrés entre début septembre et début novembre. Un premier stage à Nice dans les installations du club professionnel, qui nous a très bien accueillis et nous a permis de faire des matchs amicaux avec le CFC. Et ensuite deux stages au Creps de Vichy, qui est notre centre d’entraînement habituel. On a décidé de concentrer les stages à proximité de la compétition, contrairement aux années précédentes où c’était plus étalé dans le temps. Je pense qu’on a bien bossé. On est prêts.

Le volley sourd fonctionne aussi par olympiade, es-tu satisfait de la trajectoire de l’équipe sur cette période ?
On est dans la continuité de ce qu’on avait essayé de construire précédemment. Il y a quelques apports de nouveaux joueurs, mais le noyau est le même que celui qui avait disputé les Deaflympics précédents il y a trois ans au Brésil. On continue à progresser, certains joueurs apportent de nouvelles choses au groupe, on a un bon mélange avec des jeunes et quelques anciens qui ont de l’expérience, c’est positif. Au niveau des résultats, après la quatrième place aux Deaflympics, on a terminé quatrième du championnat d’Europe en 2023 puis cinquième au championnat du monde l’an passé. On n’est pas loin du podium, il nous manque encore une petite marche à franchir. On espère que ce sera pour cette fois.

Mais ce cap ne doit pas évident à franchir...
Il y a quatre équipes qui sont au-dessus des autres : la Turquie, l’Ukraine, l’Italie et la Russie, qui est suspendue. Il faudra faire un exploit pour aller chercher une médaille. Mais contre l’Italie il y trois ans, on avait perdu 3-2 pour la médaille de bronze. On est à la fois loin et pas loin, juste au bord...

Que peut-on dire sur le développement du volley sourd ?
On n’a pas un vivier de joueurs très important, le réservoir est assez faible. C’est la partie la plus compliquée de notre travail - même si en ce qui me concerne je suis bénévole- , le principal challenge. On essaye de communiquer sur le sujet et de détecter ces joueurs sourds qui jouent en France et qu’on ne connaît pas. Parfois on tombe par hasard sur des joueurs qui voient des articles ou des communications, et qui nous découvrent. Et l’autre aspect, c’est d’attirer les jeunes vers la pratique du volley.

Vous avez retenu un groupe de 12 joueurs pour Tokyo, que peut-on dire dessus ?
C’est un mélange très intéressant. Le plus jeune a 17 ans, le plus âgé a 40 ans. On a des joueurs d’expérience qui amènent leur vécu des grandes compétitions, les jeunes amènent leur dynamisme, leur fougue, leur envie. Le groupe est sain, il travaille bien. Je suis plutôt confiant pour ces Jeux. On a aussi beaucoup travaillé sur l’aspect mental, sur l’approche des matchs et de la compétition, sur la gestion du stress. Cela fait trois ou quatre ans qu’on bosse là-dessus, je pense qu’on a progressé dans ce domaine, j’espère que c’est ce qui nous permettra de passer un cap.

L’objectif est donc de s’approcher le plus du podium ?
On reste sur plusieurs demi-finales de suite. Notre objectif est de retourner au moins dans le dernier carré. Et ensuite, à partir des demi-finales, on a deux matchs pour essayer de gagner une médaille. Mais ce ne sera pas simple, parce qu’en plus des grosses équipes habituelles, on a aussi les Etats-Unis qui reviennent dans le circuit. Les Américains sont d’ailleurs dans notre poule. Si on perd contre eux, cela va se compliquer.

Le format de la compétition est le suivant : deux groupes de cinq équipes, avec quatre qualifiés pour les quarts de finale...
On va affronter les Etats-Unis, le Japon, l’Italie et la Bulgarie. Si on ne sort pas parmi les deux premiers, on risque de croiser en quarts la Turquie ou l’Ukraine, qui sont le champion olympique en titre et le n°2 mondial. Le premier match de la compétition sera très important, et va déterminer beaucoup de choses.

En février dernier, tu disais que cette compétition serait ta dernière à la tête de cette équipe. Est-ce toujours le cas ?
Et non, je rempile, finalement ! A la fin de l’année, cela fera huit ans que je suis avec eux. Je me disais que, même pour eux, ce serait bien de voir une nouvelle tête. Finalement, j’ai senti qu’ils étaient assez demandeurs, le groupe souhaitait que je continue, les joueurs trouvaient qu’on travaillait bien ensemble, et il y a trois ou quatre jeunes que j’ai envie d’accompagner. J’ai proposé à la Fédération de poursuivre.

Tes fils Marin et Mathis font partie de cette équipe, ont-ils joué un rôle dans cette décision ?
Non, pas du tout. On essaye de faire la part des choses entre l’aspect familial et le volley. Je leur ai juste demandé, si jamais j’avais envie de continuer, si ça les dérangeait. Ce n’est pas toujours évident d’être entraîné par son père ou d’entraîner ses enfants (rires). Donc cela a joué un peu, mais je ne les ai pas trop sollicités.



Deaflympics – Programme et résultats :

Dimanche 16 novembre (7h, heure française) : France / Etats-Unis
Lundi 17 novembre (2h15, heure française) : France / Japon
Mardi 18 novembre (4h30, heure française) : France / Italie
Mercredi 19 novembre (7h, heure française) : France / Bulgarie

Le groupe tricolore :

Passeurs : Jean-Baptiste Benielli (Vesinet Stade St-Germanois VB), Damien Mignot Roda (Vouillé Volley Ball), Arthur Lecomte (C.P.B. Rennes 35)
Réceptionneurs/attaquants : Mathis Bigler (Mandelieu la Napoule VB), Alexandre Pastorello (Phenix Maritimum Volley), Marin Bigler (capitaine) (Ass sportive de Monaco), Guillaume Longinotti (Volley Pays Rochois Bonneville)
Pointu : Elliot Piquard Melero (Maizières Athletic Club Volley)
Centraux : Maxime Petit (AS des sourds de Nimes), Marc Chaveriat (C.P.B Rennes 35)
Libéros : Sylvain Plantey (Massalia Volley), Esteban Delrue (Tourcoing Volley-Ball L.M.)

Le staff : Frédéric Bigler (entraîneur), Julien Durand (entraîneur adjoint), Dominique Garvadoir-Viart (kiné), Milène Calvet (interprète), Chrystel Bernou (manager/directrice de la performance)